Il est promu lieutenant le 1er avril 1973 et, en reconnaissance des compétences et des qualités qu’il a mises en exergue, il est nommé, en juillet 1976 commandant en second du Dépôt d’Armes et Munitions Spéciales implanté sur la base, unité qui a en charge le maintient en condition opérationnelle de l’arme nucléaire aéroportée.
Un an plus tard, après avoir été promu capitaine le 1er avril 1977, il rejoint le Centre de Transmissions de l’Administration Centrale, à Paris, boulevard Victor, comme chef de la division technique. Au service des plus hautes autorités de l’armée de l’air et de la Délégation générale pour l’armement, il sait apporter la qualité de service qui est requise, en tirant le meilleur parti des équipes qu’il commande avec doigté, manifestant un sens de l’humain qui l’honore. J’ai pu personnellement apprécier son exceptionnelle valeur à cette époque où j’étais moi-même à l’état-major du commandement des transmissions.
Le 30 avril 1981, lui est confié le poste de commandant en second et chef des opérations de l’Escadron de Câbles Hertziens 10/802 de MONTMORENCY. Là encore, sous la houlette du général DONADEY (alors commandant d’unité), il manifeste son attachement à faire régner un véritable esprit d’équipe dans un contexte de rigueur et de haute technicité.
Promu commandant le 1er août 1983, il se voit confier l’Escadron d’Installation des Télécommunications 02/822 à ORLEANS, poste qu’il tiendra jusqu’en septembre 1987. C’est pour lui l’occasion de sillonner le monde, de CAYENNE à NOUMEA, de DAKAR à DJIBOUTI, du TCHAD au GABON, afin d’effectuer les études puis d’assurer la maîtrise d’ouvrage des travaux de télécommunications que son unité a en charge, partout où l’armée de l’air est implantée outre-mer. Il réussit à merveille, se donnant sans compter dans le commandement d’équipes dispersées dans le monde mais unies et soudées par la magie qu’il exerce sur elles.
Promu lieutenant-colonel le 1er août 1987, il est admis sur concours particulièrement sélectif, à l’École Supérieure de Guerre Aérienne, là où ceux qui ne sont pas entrés dans l’armée de l’air par la " grande porte " sont l’exception.
Diplômé d’état-major il rejoint, en août 1989, la division électronique 04/330 au Centre d’Expériences Aériennes Militaires de MONT-DE-MARSAN. Il est d’abord commandant en second, puis, très vite, commandant de cette prestigieuse unité. Il y déploie de grandes compétences alors que survient la guerre du golfe et que son professionnalisme est apprécié sur des résultats concrets, rapidement mis à la disposition des forces engagées.
De septembre 1991 à août 1993, il est rédacteur à la section OTAN de l’état-major des armées, ce qui le désigne tout naturellement pour être nommé Expert français auprès de l’Alliance atlantique à BRUXELLES. Il tient ce poste délicat d’août 1993 à janvier 1998. Diplomatie, sens du contact et ouverture sur les techniques d’avant garde le caractérisent alors. Entre temps, il a été promu colonel le 1er septembre 1993.
Sa dernière affectation sera l’état-major des armées, où il occupe de très hautes responsabilités en matière de sécurité des télécommunications et de guerre électronique jusqu’en octobre 2001.
Il quitte l’armée de l’air avec le grade de général de brigade aérienne. Il est chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’Ordre national du mérite, titulaire de la Médaille de l’Aéronautique et de la Médaille d’Outre-mer TCHAD avec agrafe vermeil.
Membre de l’Association Nationale Air des Télécommunications et du Contrôle, il accepte de siéger au sein du conseil d’administration de l’association dès 2002, puis d’en assurer la présidence le 05 juin 2004. Il avait lui-même préparé l’assemblée générale 2005 et s’est éteint l’avant-veille de cette manifestation.
Homme de conviction, au caractère bien trempé, animé d’un amour profond de la patrie, ayant un sens aigu du devoir, autodidacte curieux de tout, qui a atteint les sommets de la hiérarchie, militaire passionné par son métier, ami, ami véritable qui sait ce que veut dire la convivialité, Père et époux chéri des siens, il nous quitte beaucoup trop vite, nous aurions eu tant besoin de lui pour continuer à vivre une harmonie qu’il nous a toujours enseignée par l’exemple.
Jean, ton départ prématuré a créé un électrochoc dans notre association, suscitant une mobilisation générale et de nouvelles vocations. Sois assuré que ceux qui prolongeront ton action seront fidèles à tes engagements.
Tu restes plus que jamais présent parmi nous et nous t’exprimons une profonde gratitude pour tout ce que tu nous as apporté.
Général de division aérienne (2s) Jean-Paul PICCO
Président d’honneur de l’ANATC |