| 1965 |
39 ème Rassemblement annuel |
2005 |
2005, année marquante pour les Anciens d’AUXERRE, En effet, nous célébrons le quarantième anniversaire de notre groupe qui a vu le jour en 1965, mais aussi le soixantième anniversaire de l’ouverture de la Base-Ecole 723 d’AUXERRE-MONÉTEAU, puisque la première promotion avait débuté les cours en mai 1945. Comme le temps passe, pourrions nous murmurer dans un soupir plein de nostalgie!
Si j’ai tenu à évoquer ces deux événements, c’est parce qu’ils ont eu, certainement, un impact sur la vie de tous ceux qui, au cours de leur carrière militaire, ont été affectés, pendant une période plus ou moins longue, à la «723 ».
Ce 11 juin 2005, se tenait donc le 39ème Rassemblement des anciens de cette base. Et cette année encore, il avait drainé, vers le Foyer communal de MONÉTEAU, un bon nombre de participants, dont certains accompagnés par des amis à qui ils avaient voulu faire connaître l’ambiance chaleureuse qui est de mise à chacune de nos réunions. Et, de ce fait, aussi surprenant que cela puisse paraître, nous étions 102, c’est à dire 6 personnes de plus qu’en 2004. Ce qui prouve, s’il en était besoin, la vitalité de ce groupe, malgré le temps qui passe (Bis répétita !). Et pour ajouter à ce paradoxe, on notait, avec plaisir, la présence de 5 nouveaux participants.
Nous avions demandé au Commandant Jean BIBAUD, président de I’A.N.A.T.C récemment élu., de bien vouloir honorer de sa présence notre réunion, ce qu’il avait accepté d’emblée. Nous l’en remercions vivement. Cette fonction venait, tout juste de lui échoir, à la suite du décès de son prédécesseur, le Général Jean DÉMOREST.
Monsieur BIDEAU, maire de MONÉTEAU et conseiller général du canton, pris par ailleurs dans l’exercice de ses fonctions électives, nous avait adressé ses excuses, se disant navré de ne pouvoir répondre à notre invitation.
Avril et mai 2005, deux mois qui ont jeté la consternation dans le monde des télecs, en général, et dans celui des Anciens d’AUXERRE, en particulier. En effet, le 13 avril, disparaissait à l’âge de 61 ans, Jean DÉMOREST, qui avait pris en mains la destinée de I’A.N.A.T.C. depuis seulement un an. Le 30 de ce même mois, Max REBOUL nous quittait après avoir, durant des mois, lutté avec courage, contre une maladie implacable. Et, enfin, le 17 mai, Waltaire BEAUNEZ s’éteignait, alors que l’an dernier il était encore avec nous et que rien ne laissait prévoir sa disparition. Mais hélas la maladie qui l’a emporté a fait très vite son œuvre et son décès nous a douloureusement surpris.
Les obsèques de Jean DÉMOREST ont eu lieu à OLIVET (Loiret) le 18 avril 2005.
Max REBOUL repose depuis le 2 mai 2005 dans le cimetière du PLESSIS-ROBINSON (Hauts de Seine)
Et Waltaire BEAUNEZ a été inhumé dans celui d’AUXERRE, le 20 mai 2005.
Bien évidemment, à leurs obsèques, parmi l’assistance, outre les autorités, étaient présents de nombreux anciens de l’armée de l’air qui, malgré leur grande tristesse, avaient tenu à apporter leur soutien moral aux familles de nos amis défunts.
Si nous devons nous faire à cette idée de voir disparaître les camarades, en raison de la tranche d’âge dans laquelle se situent la plupart des Anciens d’AUXERRE, c’est à dire de 70 ans pour les plus jeunes jusqu’à 85 ans et plus pour leurs aînés, il est toujours très éprouvant d’apprendre le décès de l’un d’entre eux.
Avant le début de notre réunion, une délégation comprenant une dizaine de personnes dont le président Jean BIBAUD, et représentant l’ensemble de l’assistance, avait tenu à se rendre au cimetière SAINT-AMÂTRE d’AUXERRE où repose notre ami Waltaire, afin de se recueillir sur sa tombe. Monique, son épouse, nous attendait, particulièrement émue et touchée par cette manifestation de l’extrême amitié que tous portaient à leur regretté camarade.
Mais, malheureusement, tous ceux que je viens de citer ne sont pas les seuls à nous avoir quittés depuis le dernier rassemblement de 2004. C’est ainsi que dans le courant de l’année qui nous en sépare, nous avons appris douze autres disparitions, celles de:
Gérard KIRCHNER, le 2 juillet 2004 ,de MONTROUGE (92)
Daniel SERY, le 26 juillet 2004, de NANCY (54)
Bernard PHILIPPE, ancien moniteur de sports d’AUXERRE puis de ROCHEFORT, le 10 avril 2004 de METTRAY (37)
Paul COSTES, le 14 avril 2004, de MIGENNES (89)
Jacques DEZAUBEAUX, le 18 avril 2004, de CHAUDRON (43)
Guy FONDS-MONTMAUR, le 6 septembre, de GUJAN-MESTRAS (33)
Roger DEPARPE, le 8 novembre 2004, d’AUGY (89)
Jean CORBIERE, le 28 décembre 2004, de CHENY (89)
Bemard CAVARLE, le 8 janvier 2005, de SAINT-BREVIN (44)
Jean LAGRANGE, le 28 janvier 2005, de BORDEAUX (33)
Marcel LAURENCON, le 8 mars 2005, de BOURG-LASTIC (63)
René SIMON, ancien administratif de la B.E. 723, le 24 mai 2005, de SAVIGNY en REVERMONT (71)
Après la lecture de cette longue, trop longue, liste nous nous sommes tous levés pour observer un instant de recueillement, un instant pendant lequel, dans le silence, nous avons uni nos pensées pour n’en faire qu’une, fervente et pleine d’affection, dédiée à tous nos amis défunts, ceux récemment disparus, mais aussi tous ceux qui, au fil des ans, nous ont quittés.
Avec toutes ces disparitions, on sentait, nettement, tous les participants réunis ce jour là, imprégnés d’une certaine tristesse. Cette joie des retrouvailles annuelles qui, généralement illumine nos réunions était bien atténuée. Mais, sans pour autant oublier, la suite devait heureusement dissiper tant soit peu cette morosité du début; le plaisir de se retrouver ensemble pendant cette journée et de pouvoir ainsi évoquer des souvenirs communs y était pour beaucoup. Et, autre facteur réjouissant, la présentation des cinq nouveaux participants, cités au début, qui apportait, en somme, un certain regain à notre groupe :
Maurice LORRAIN et Madame de REIMS (51)
Bernard VIDALOT et Madame d’AYTRÉ (17)
Guy MOURGUES et Madame de QUISSAC (33)
Jean GAROUSTE de HYÈRES (83)
Florent SCHIBLER et Madame, d’ALLONGNY (18) Ce dernier avait lâché le manche du fer à souder pour celui du pilotage, mais malgré cela il n’a pas oublié pour autant son passage à la B.E 723.
Et puis, pour la première fois, depuis qu’existent ces rassemblements, une cérémonie s’est déroulée ensuite, au cours de laquelle Jean-Baptiste BETBEDER s’est fait remettre par Roger GOUBERN les insignes de chevalier de la Légion d’honneur. Cette haute distinction venait de lui être conférée quelques semaines auparavant et, plutôt que de recevoir cette décoration devant une troupe anonyme, il a souhaité que ce soit devant la troupe des Anciens d’AUXERRE. Une décoration bien méritée et, à mon avis, qu’il aurait du obtenir depuis longtemps.
Car il faut savoir qu’elle lui a été attribuée en sa qualité d’ancien combattant d’Indochine et, surtout d’ancien prisonnier du Viet Minh. On a tous entendu parler des conditions très dures dans lesquelles ont été détenus ceux qui ont eu la malchance d’être faits prisonniers, et Jean-Baptiste a été de ceux là. En mai 1954, alors qu’il était affecté â la C.T.A. 812 à TAN-SON-NHUT , en Cochinchine, il est envoyé en opération au Laos, avec un P.C.I.A. pour accompagner une unité de l’armée de terre. Entre KRATIÉ et STUNG-TRENG, leur groupe tombe dans une embuscade tendue par les Viets. Ils tentent de résister en livrant combat, mais en raison de l’importance des forces ennemies, sauf a être décimés, ils sont obligés de se rendre.
Faits prisonniers, ils devront alors parcourir à pied prés de 700 kilomètres, au milieu d’une nature hostile et sous un soleil de plomb. Certains périront d’ailleurs en cours de route. Heureusement, la guerre devait se terminer quelques mois après, avec le cessez-le-feu du 27 août 1954. Jean-Baptiste qui possédait une condition physique et morale solide, due à sa longue pratique du rugby à un niveau assez élevé, avait surmonté cette épreuve mieux que certains. Néanmoins, j’étais aussi affecté à TAN-SON-NHUT et, par conséquent, je l’ai vu à son retour, à l’automne 1954, après un séjour d’un mois et demi à l’hôpital de NHA-TRANG, et je peux attester que, selon l’expression en vogue de nos jours, il ne souffrait pas de surcharge pondérale !
Dans un passé relativement récent, lors de la remise de certaines décorations, le récipiendaire se choisissait un parrain. Cette coutume a disparu. Pourtant, nous avons jugé utile de la rétablir ce jour du 11 juin, et Claude LAGARDE a bien voulu en tenir lieu. Il était d’ailleurs tout désigné puisqu’il est, lui aussi, chevalier de la Légion d’honneur, en sa qualité d’ancien combattant d’Indochine, ayant été fait prisonnier à DIEN-BIEN-PHU où il se trouvait avec un détachement de la C.T.A. 814, ce qui lui a valu de connaître également la captivité et les souffrances qu’elle a engendrées.
Et ce n’est pas faire preuve de grandiloquence d’ajouter que cette cérémonie a apporté une certaine solennité à notre réunion. Parmi tous les Anciens d’AUXERRE présents, beaucoup ignoraient tout de l’épopée qu’avaient vécue nos deux Légionnaires. Il est bien connu que la plupart de ceux qui ont été amenés à participer à des actions héroïques sont, en général, excessivement discrets et n’en font pas étalage.
C’est pour cette raison que j’ai tenu, après la remise de décoration, à relater leurs faits d’armes d’il y a plus de cinquante années. Et les félicitations que nos deux camarades ont reçu de tous leurs amis étaient, on ne peut plus, méritées.